PHOBIE, un enfer personnel

Commençons par une définition. La phobie est une crainte angoissante et injustifiée d’une situation, d’un objet ou de l’accomplissement d’une action ou encore une aversion très vive pour quelqu’un ou peur instinctive de quelque chose.

Vous devez vous demander la raison pour laquelle j’évoque un tel sujet, c’est assez simple : ma phobie est quelque chose qui me fait énormément complexer et qui peut vraiment être gênant dans ma vie au quotidien. J’ai la phobie des insectes, aussi appelée l’entomophobie. Vous savez ces petites bestioles qui ne sont en général pas un danger pour les grosses bêtes que nous sommes, nous les humains. En général, j’ai surtout horreur des insectes de plus de cinq centimètres, et le pire, le pire c’est s’ils volent (sauf les mouches)…

Mes réactions peuvent être très violentes si je suis vraiment surprise. Mais elles sont également diverses, elles diffèrent souvent selon l’environnement et les personnes qui m’entourent. Soit j’hurle et m’enfouit, soit je pleure, soit je suis tétanisée ou alors même un mélange des trois. Mais surtout mon rythme cardiaque s’accélère tout comme le fil de mes pensées et mon estomac se noue.

Je ne peux pas vous dire depuis quand j’ai cette phobie ni quel est le déclencheur, je sais que lorsque j’étais très jeune je n’avais absolument pas peur, je jouais même avec les insectes. Je pense que les éléments déclencheurs sont nombreux et que c’est une phobie qui a évolué avec le temps…

Quand je dis que cette phobie est complexante et très gênante -dans le sens handicapante-, je ne la place pas au dessus des autres phobies, mais c’est la façon dont je la ressens. Cette phobie me bouffe la vie assez régulièrement. Par exemple, je ne peux pas me balader dans des parcs ou participer à des barbecues l’esprit tranquille, je suis toujours sur le qui-vive et si par malheur j’aperçois un insecte l’instant de détente est fini pour moi, je n’ai qu’une hâte : rentrer à l’intérieur, à l’abri.

Ce qui est le plus gênant également est le regard des gens. Peu de personnes parviennent à vraiment comprendre l’ampleur de cette phobie. J’entends souvent des réflexions du style « Ce ne sont que des petites bêtes elles vont pas te manger » ou « Tu fais vraiment des manières« … Je sais que ce ne sont que de petites bêtes, que la plupart ne me feront pas de mal mais c’est une chose que je ne contrôle pas. Par moments, oui, je parviens plus ou moins à me contrôler mais ce sont des moments bien spécifiques, il faut que je sois plus ou moins au courant qu’il y a un risque de rencontres avec des insectes et/ou qu’il y ait des enfants avec moi. Sachant que les peurs des enfants viennent une bonne partie d’une temps des adultes qui leur servent de modèles, lorsque c’est possible je me contrôle un maximum. À chaque fois que je pense à cela je revois une scène bien particulière se jouer dans mon esprit.

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Voici ce à quoi ressemble un phasme: c’est une espèce d’insecte qui ressemble à une branche.

L’année dernière, j’ai effectué un stage dans une école primaire, celle de mes neveux de 8 et 10 ans. Celui-ci m’a prévenu qu’à ce moment-là ils étudiaient un insecte appelé le Phasme en classe et que je risquais fortement de rentrer en contact avec eux. Un mardi matin, car j’étais dans sa classe le mardi, j’ai vu marquer au tableau « Étude du Phasme » donc j’ai commencé à me mettre cette idée en tête. Et ça n’a pas manqué, lorsque je suis rentrée dans la classe, après le cours d’anglais des CM2, le professeur de tenait près d’un aquarium ouvert, entouré d’enfants. Lorsqu’il m’a vu entrer, il m’a de suite interpellée : « Isabelle, prends un Phasme dans la main et montres le à chaque enfant qui ne l’a pas encore vu« . À ce moment-là, mon cœur battait si fort que cela était douloureux et j’avais du mal à respirer. Mais voyant les enfants m’attendre avec un grand sourire, j’ai été prendre l’une de ces bêtes dans mes mains et l’ai montré aux élèves, chacun leur tour. Je me rappelle de la sensation très désagréable de sentir le Phasme se déplacer sur ma main, s’accrocher pour ne pas tomber… J’en ai encore des frissons d’horreur… Mais j’ai tenu le coup, bien que j’ai presque lancé la bête dans son aquarium quand le professeur m’a demandé de le remettre à sa place.

Comme vous avez pu le comprendre par ce petit exemple, il faut des conditions bien spécifiques mais surtout beaucoup de préparation psychologique pour ne pas me tétaniser ou faire une crise d’hystérie; mais les symptômes physiologiques (accélération cardiaque, difficultés à respirer, tremblements…) sont là quoi qu’il arrive. Ou alors, les rares situations où je ne nécessite pas de préparation mentale sont quand mon instinct de protection prend le dessus sur la phobie. Comme par exemple lorsque je suis avec mon grand frère qui est mortellement allergique aux piqûres de guêpes depuis un accident impliquant un nid de guêpes durant son adolescence, mon premier réflexe étant de le faire s’éloigner avant tout.

La plupart du temps quand je dis aux gens que je suis phobique des insectes, ils ne me prennent pas réellement au sérieux. Soit ils se disent que j’exagère, que je n’aime simplement pas les insectes soit ils s’en moquent totalement. Mais quand ils se rendent compte de l’importance de cette phobie, la plupart du temps ils s’excusent.

Je me rappellerais toujours de cette scène qui a eu lieu l’année dernière avec des camarades étudiantes. Nous étions dans une salle de l’université, entrain de manger nos sandwichs tranquillement quand soudainement j’ai entendu un bourdonnement très proche. J’ai levé les yeux et il y avait devant moi une guêpe ou abeille tournant autour de mon sandwich -que j’avais à moitié en bouche-. En bonne phobique mon réflexe a été de lancer mon sandwich sur la table à côté, espérant que la bête s’éloignerait d’un même mouvement. Mais ces choses-là étant des psychopathes -d’ailleurs je suis sûre que les insectes sentent la peur et adorent torturer les humains ressentant ce sentiment à leurs égards-, la bête n’est pas partie, au contraire elle s’est rapprochée de moi. A ce moment-là, mon corps se paralyse et je ferme mes yeux, priant pour qu’elle s’en aille. Le cœur qui bat à cent à l’heure, la respiration difficile, tout ce que je peux entendre c’est le bourdonnement de l’insecte et le rire de mes camarades (suite à mon lancer de sandwich). Au bout de quelques secondes, elles me disent en riant que la bête s’est éloignée. Quand j’ai ouvert les yeux, les larmes se sont mises à courir. Leurs rires se sont tus aussitôt qu’elles ont aperçu mes larmes. Elles me l’ont dit et redit : « On ne pensait pas que ta peur était si grave…« . A partir de ce jour-là, elles étaient un peu devenues mes gardes du corps contre les insectes. Même si je n’ai pas vraiment gardé contact avec elles, j’aimerais quand même les remercier pour avoir été les premières et en quelque sorte les seules -encore aujourd’hui- à m’avoir prise au sérieux mais surtout à ne plus s’être moquées de mes réactions « disproportionnées ».

Il m’arrive également de me trouver ridicule face à mes réactions. Encore la dernière fois, confrontée à une mite énorme, j’étais en pleurs -quasi hystérique- et d’un coup je me suis mise à rire tout en pleurant. Je riais du ridicule de la situation, moi humaine d’un mètre soixante trois tétanisée face à une bête de même pas trois – quatre centimètres, mais dès qu’elle s’approchait de moi nouveau cri strident, tremblements qui s’accentuaient et pleurs qui redoublaient.

 

Bref, comme vous avez pu le constater cet article tourne autour de moi. Désolée pour ceux qui s’attendaient à un autre type d’article. Je dois dire qu’écrire cet article m’a fait énormément de bien. Cela fait un moment que toutes ces pensées se bousculent dans ma tête et les coucher à l’écrit me « soulage » en quelque sorte. D’ailleurs, je ne sais absolument pas si cet article est bien clair ni encore moins s’il y a une ligne directive, mais honnêtement j’ai écrit cet article en laissant les mots s’échapper de mon cerveau sans ordre précis, sans plan, sans problématique.

Maintenant, j’aimerais vous demander: avez-vous vous-même une phobie ou connaissez-vous quelqu’un qui en souffre? Avez-vous des gens « compréhensifs » autour de vous? Êtes-vous moqué(e) par les gens?

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